Nucléaire, charbon et gaz, la Malaisie presse l’ASEAN de rouvrir le débat sur l’énergie, ce que la région doit affronter

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La Malaisie appelle les pays de l’ASEAN à ne pas écarter l’énergie nucléaire de leurs stratégies de transition énergétique, selon une information rapportée par Vietnam. vn. Le message intervient au moment où l’Asie du Sud-Est cherche à concilier croissance industrielle, sécurité d’approvisionnement et réduction des émissions liées au charbon et au gaz. Cette prise de position ouvre un débat sensible dans une région marquée par des besoins électriques en hausse rapide.

La Malaisie pousse l’ASEAN vers l’option nucléaire

La position défendue par la Malaisie ne revient pas à annoncer la construction immédiate de centrales. Elle vise d’abord à maintenir l’option nucléaire dans les discussions régionales, au même titre que le solaire, l’éolien, l’hydroélectricité, la géothermie ou les réseaux transfrontaliers. Pour Kuala Lumpur, exclure cette technologie trop tôt réduirait la palette d’outils disponible face aux contraintes climatiques et économiques.

L’ASEAN rassemble dix États aux profils énergétiques très différents. L’Indonésie dispose d’importantes ressources fossiles, le Vietnam développe massivement ses capacités renouvelables, Singapour manque d’espace pour produire son électricité, tandis que les Philippines et la Thaïlande examinent régulièrement des scénarios de diversification. Cette diversité rend difficile une stratégie unique, mais elle renforce l’intérêt d’un cadre commun d’évaluation.

L’argument central porte sur la capacité de l’énergie nucléaire à produire de l’électricité en continu, avec de faibles émissions directes de carbone. Dans des économies où la demande augmente avec les centres de données, l’électrification des transports et l’industrie manufacturière, cette stabilité présente un intérêt technique. Les renouvelables progressent, mais leur production dépend de la météo et impose des investissements lourds dans le stockage.

La transition énergétique en Asie du Sud-Est reste aussi une question de prix. Les gouvernements doivent limiter les hausses de facture pour les ménages et préserver l’attractivité industrielle. La Malaisie cherche donc à déplacer le débat vers une approche comparative, fondée sur les coûts complets, la fiabilité du réseau et les objectifs climatiques nationaux. Les oppositions politiques et citoyennes demeurent fortes dans plusieurs pays.

AIEA, sûreté et réseaux dominent le calendrier régional

Le nucléaire impose un calendrier long, rarement compatible avec les annonces rapides. L’AIEA recommande aux pays intéressés de bâtir d’abord une autorité de régulation indépendante, un cadre légal, des plans de gestion des déchets et des compétences techniques solides. Dans une région exposée aux typhons, aux séismes et aux risques d’inondation, ces prérequis pèsent lourd dans la décision publique.

Les réacteurs modulaires, souvent présentés comme plus flexibles que les grandes centrales, suscitent l’attention de plusieurs gouvernements. Leur promesse repose sur une construction standardisée, une puissance plus limitée et une intégration possible près de zones industrielles. Mais la plupart des modèles restent au stade de projets pilotes ou de premières mises en service, ce qui nourrit la prudence des autorités financières.

La question des réseaux électriques est tout aussi déterminante. Un réacteur ne suffit pas si les lignes de transport, les interconnexions et les systèmes de pilotage ne suivent pas. L’ASEAN travaille depuis des années sur des échanges d’électricité entre États membres, avec des progrès inégaux. Une meilleure interconnexion permettrait de partager les surplus renouvelables, mais aussi de sécuriser l’intégration de sources pilotables.

La sûreté nucléaire reste le point le plus sensible pour l’opinion publique. Les gouvernements devront détailler les procédures d’urgence, le financement du démantèlement et le stockage à long terme des combustibles usés. La position malaisienne place le sujet dans l’agenda régional sans trancher le choix final de chaque État. Les prochaines réunions ministérielles de l’ASEAN donneront une première indication du niveau d’adhésion à cette approche.

À retenir

  • La Malaisie veut garder le nucléaire dans le débat énergétique de l’ASEAN.
  • Les besoins électriques régionaux progressent avec l’industrie et le numérique.
  • La sûreté, les coûts et les réseaux conditionnent tout calendrier nucléaire.
  • Chaque État membre conservera sa marge de décision nationale.
Pierre-Antoine Simonneau
Pierre-Antoine Simonneau
S. P-Antoine contribue à la rédaction du magazine en couvrant l'actualité locale, les initiatives des habitants, les projets des collectivités et les sujets qui façonnent la vie du territoire.

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