3,3 % d’inflation, 25 points de base, taux de dépôt à 2,50 %, ce que la BCE doit affronter le 10 septembre en zone euro

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La Banque centrale européenne devrait relever ses taux jeudi 10 septembre, alors que l’inflation de la zone euro atteint 3,3 % en août. Le mouvement attendu, limité à 25 points de base, intervient dans un contexte économique fragile, marqué par le renchérissement de l’énergie et les tensions persistantes au Moyen-Orient.

La BCE vise 2,50 % de taux de dépôt jeudi

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit jeudi avec une décision largement anticipée par les marchés. Le scénario central prévoit une hausse de 25 points de base du taux de dépôt, qui passerait à 2,50 %. Cette décision prolongerait le virage engagé au printemps, après plusieurs trimestres d’assouplissement ou de stabilité monétaire.

La précédente hausse remonte au 11 juin, lorsque l’institution de Francfort avait porté le taux de dépôt de 2 % à 2,25 %. Il s’agissait de la première remontée depuis septembre 2023. Cette décision avait déjà été justifiée par une accélération des prix, les projections internes ne prévoyant pas de retour durable à l’objectif de 2 % avant 2027, même dans un scénario favorable sur les prix de l’énergie.

Le choix est délicat pour la BCE, car la zone euro montre des signes de faiblesse. Le crédit aux entreprises reste coûteux, la consommation des ménages progresse lentement et plusieurs économies industrielles subissent encore le ralentissement de la demande mondiale. Une hausse des taux renchérit le financement des ménages, des États et des entreprises, mais elle permet aussi de limiter les anticipations de hausse des prix.

Christine Lagarde devrait conserver une communication prudente après la réunion. La BCE évite généralement de préannoncer une trajectoire précise lorsque les prix de l’énergie dominent l’évolution de l’inflation. Le message attendu repose sur une approche dépendante des données, avec une surveillance renforcée des salaires, du crédit et des prix importés. Les investisseurs intègrent déjà une politique monétaire plus restrictive qu’au début de l’été.

L’énergie porte l’inflation de la zone euro à 3,3 %

L’accélération de l’inflation constitue le principal argument des partisans d’un relèvement. Les prix à la consommation ont progressé de 3,3 % sur un an en août, contre 2,9 % en juillet. Ce franchissement du seuil de 3 % pèse sur la crédibilité de la BCE, dont le mandat repose sur une inflation stabilisée autour de 2 % à moyen terme.

La hausse vient d’abord de l’énergie. Les tensions au Moyen-Orient ont renforcé la volatilité des prix du pétrole et du gaz, avec des répercussions sur les carburants, le chauffage, l’électricité et certains coûts de transport. Les économistes de la BCE estiment que cet épisode diffère de la poussée inflationniste de 2021 et 2022, alors alimentée plus largement par la demande, les goulets d’étranglement industriels et la reprise post-pandémie.

Un élément tempère le diagnostic. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation, a légèrement diminué à 2,4 %. Ce chiffre suggère que la flambée actuelle ne se diffuse pas encore pleinement aux autres secteurs. Pour la BCE, l’enjeu consiste à empêcher une transmission plus large vers les salaires, les services, les loyers commerciaux et les biens manufacturés.

Les marchés commencent à envisager une autre hausse après septembre, possiblement en décembre ou au début de 2027. Cette hypothèse dépendra de la durée du choc énergétique et de la résistance de l’activité. Les ménages endettés surveilleront surtout les taux immobiliers et le coût du crédit à la consommation, tandis que les épargnants bénéficieront de rendements plus élevés sur certains placements bancaires. La réunion de jeudi servira donc de test pour la capacité de la BCE à contenir les prix sans accentuer le ralentissement économique.

À retenir

  • La BCE devrait relever le taux de dépôt à 2,50 % jeudi.
  • L’inflation de la zone euro atteint 3,3 % en août.
  • L’énergie reste le principal facteur de hausse des prix.
  • L’inflation sous-jacente recule légèrement à 2,4 %.

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Pierre-Antoine Simonneau
Pierre-Antoine Simonneau
S. P-Antoine contribue à la rédaction du magazine en couvrant l'actualité locale, les initiatives des habitants, les projets des collectivités et les sujets qui façonnent la vie du territoire.

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