Les secrets révélés de La Joconde : une découverte inattendue grâce à l’analyse aux rayons X

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Grâce au synchrotron de Grenoble, des chercheurs ont récemment réalisé une analyse minutieuse d’un fragment de la couche préparatoire de la peinture utilisée pour créer La Joconde. Cet échantillon, mesurant quelques dizaines de micromètres seulement, a offert des informations précieuses sur les pratiques artistiques de Léonard de Vinci. Les résultats de cette étude, publiée dans la revue scientifique JACS le 11 octobre 2023, révèlent l’approche expérimentale et novatrice du maître dans la réalisation de ses chefs-d’œuvre.

Léonard de Vinci, polymathe de renom, était non seulement un génie dans les domaines de la peinture, de la sculpture, de l’invention, de l’architecture et de l’anatomie, mais également un chimiste expérimentateur. Les analyses effectuées au synchrotron de Grenoble ont révélé la présence de plumbonacrite dans la sous-couche de La Joconde, un composé cristallin rare à base de plomb, de carbone, d’oxygène et d’hydrogène. Cette découverte suggère que Léonard de Vinci a utilisé une huile au plomb d’une composition singulière, différente de celles généralement observées dans les peintures à l’huile de l’époque.

Une caractéristique intrigante de cette recherche est que la plumbonacrite n’a pas été détectée dans d’autres œuvres du maître, telles que La Belle Ferronnière et Saint-Anne, la Vierge et l’Enfant Jésus. Ces résultats soulignent la diversité des techniques expérimentées par Léonard de Vinci dans la préparation de ses tableaux, chaque couche préparatoire étant unique.

Les couches préparatoires jouent un rôle crucial dans la création artistique, offrant des surfaces blanches, lisses et homogènes pour l’application ultérieure des couleurs. Les chercheurs soulignent également leur impact sur le rendu optique des tableaux et suggèrent qu’elles pourraient influencer les propriétés de séchage des couches de peinture superposées.

L’équipe de chercheurs, dirigée par Victor Gonzalez du CNRS et du Laboratoire de photophysique et photochimie supramoléculaires et macromoléculaires de l’université Paris-Saclay, a utilisé un échantillon minuscule prélevé en 2007 par le Centre de recherche et de restauration des Musées de France. Les analyses au synchrotron de Grenoble ont permis d’identifier les composants les plus infimes de cet échantillon, confirmant l’utilisation du blanc de plomb par Léonard de Vinci dans la préparation de La Joconde.

La présence de plumbonacrite, en tant que sous-produit, a permis aux chercheurs de reconstituer une recette possible de la couche de préparation. Il s’agissait d’une huile alcaline cuite avec de la litharge de couleur rouge orangé, créant des conditions chimiques spécifiques nécessaires à la formation de la plumbonacrite. Cette information offre un aperçu précieux des techniques utilisées par Léonard de Vinci et pourrait faciliter la conservation et la restauration de ses œuvres.

En conclusion, cette étude approfondie, rendue possible grâce aux technologies de pointe du synchrotron de Grenoble, offre un nouvel éclairage sur les méthodes artistiques novatrices de Léonard de Vinci. La diversité des compositions de ses couches préparatoires souligne la nature expérimentale de son travail, renforçant encore davantage sa réputation en tant que génie créatif de la Renaissance.

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